Le ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, a défendu, le 8 octobre, devant les députés de la 15e législature, le projet de loi de règlement 2025. Les échanges ont notamment porté sur les écarts d’exécution budgétaire et les exigences de transparence dans la gestion des finances publiques.
Des niveaux d’exécution contrastés.
Au palais Léon-Mba de l’Assemblée nationale, en présence de la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, les débats ont porté sur trois missions budgétaires : la gestion des finances publiques, les dépenses transversales et les engagements de l’État. Pour la Mission 14, les crédits initiaux annoncés s’élèvent à 77,1 milliards de FCFA, contre 816,5 milliards ordonnancés et 796,6 milliards réglés. Selon les explications présentées, cet écart s’explique principalement par l’imputation des dépenses de personnel de l’ensemble de
l’administration publique sur cette mission. La Mission 35 affiche un taux d’exécution de 98,2 %, pour une enveloppe de 553,4 milliards de FCFA. En revanche, pour la Mission 30, sur 225,2 milliards de FCFA prévus, 110,9 milliards ont été ordonnancés et 65,3 milliards payés, soit un taux d’exécution en base caisse de 29 %.
Les députés réclament plus de transparence.
Ces chiffres ont suscité des interrogations sur l’efficacité de la dépense publique. La sixième vice-présidente de l’Assemblée nationale, Huguette Tsono, a appelé au renforcement de la transparence dans l’exécution des crédits, déplorant des irrégularités récurrentes. « Chaque année, nous constatons des irrégularités », a-t-elle déclaré. La députée Armelle Yembi Yembi a, pour sa part, exhorté le gouvernement à améliorer les taux d’exécution budgétaire, rappelant l’urgence des besoins des populations.
« Le gouvernement doit trouver des mécanismes pour renverser cette courbe. Dans cette situation, l’urgence des besoins des populations nous oblige », a-t-elle souligné. Le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a également appelé à privilégier les résultats concrets. « Ne restons pas dans la rhétorique. Nous devons construire notre pays », a-t-il lancé.
La redevabilité au cœur des enjeux.
L’examen du projet de loi de règlement 2025 vise à confronter les prévisions budgétaires aux dépenses effectivement réalisées et à renforcer le contrôle parlementaire. Les écarts observés soulignent la nécessité de mieux documenter les résultats, de justifier les différences entre crédits prévus et paiements effectués, et d’améliorer le suivi des dépenses publiques.







