Le coût de la certification reste l’un des principaux freins à la transition des entreprises forestières gabonaises vers une gestion durable. Mais pour le PAFC/PEFC, cet investissement peut aussi générer des économies d’échelle, améliorer l’organisation des entreprises et sécuriser leurs revenus grâce à un meilleur accès aux marchés internationaux.
Le financement, premier obstacle.
La transition vers une gestion forestière durable et certifiée n’est pas sans coût. Pour les entreprises gabonaises, la question financière demeure même l’un des principaux obstacles à l’engagement dans le processus.
« Bien souvent le principal défi rencontré par les entreprises forestières dans leur transition vers une gestion durable et certifiée est financier », affirme Lucas Millet dans un entretien accordé à Économie Gabon Plus.
Cette perception de la certification comme une charge supplémentaire constitue donc un frein à son développement. Pourtant, l’expérience du PAFC/PEFC montre, selon son coordinateur régional, que les dépenses engagées peuvent progressivement produire des gains économiques.
Des entreprises mieux organisées.
La certification impose une organisation plus rigoureuse des activités. Elle implique notamment une meilleure planification, une spécialisation des différents métiers et une anticipation des contraintes susceptibles d’affecter l’activité. Pour Lucas Millet, ces changements peuvent permettre aux entreprises certifiées de réaliser des économies d’échelle. « De par notre expérience, nous savons que les entreprises qui ont fait le choix de se certifier sont désormais mieux organisées, font des économies d’échelles notamment à travers la meilleure spécialisation de leurs activités », explique-t-il.
La certification agit ainsi sur les coûts internes de l’entreprise. Elle vise à réduire les risques sociaux et environnementaux tout en améliorant l’efficacité de l’organisation.
Sécuriser les revenus par les marchés.
Le second bénéfice économique identifié concerne les débouchés. Dans un marché international du bois tropical présenté comme difficile, l’accès aux marchés les plus exigeants peut devenir un facteur de sécurisation des revenus. La certification PAFC Bassin du Congo fournit aux entreprises des garanties relatives à la gestion durable des forêts, à la traçabilité des produits et au respect des exigences applicables dans les marchés concernés.
« L’accès aux différents marchés les plus contraignants est également un facteur de sécurisation des revenus pour ces dernières », souligne Lucas Millet. Cette logique fait de la certification un investissement dont les effets dépassent la seule conformité environnementale. Elle touche directement à la performance de l’entreprise, à son organisation et à sa capacité à maintenir ses débouchés.
Un environnement public plus favorable.
Le développement de la certification bénéficie également, selon Lucas Millet, des initiatives des pouvoirs publics. Il cite notamment les incitations fiscales destinées aux entreprises forestières certifiées ainsi que la robustesse du cadre légal de l’aménagement forestier.
Malgré ces avancées, les entreprises certifiées restent encore « l’exception dans le paysage forestier gabonais ». Pour le coordinateur PAFC/PEFC, le défi consiste désormais à élargir cette dynamique afin que la certification devienne progressivement un véritable outil de compétitivité pour la filière forêt-bois.







