Le Gabon et TikTok poursuivent leurs échanges en vue d’une meilleure gouvernance des plateformes numériques. En marge du sommet AI for Good / WSIS, organisé du 7 au 11 juillet à Genève, le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark-Alexandre Doumba, s’est entretenu avec une délégation de TikTok conduite par Emir Gelen, directeur régional des Relations gouvernementales pour le Moyen-Orient, l’Eurasie et l’Afrique (MEA), accompagné de Maria Cohn, directrice adjointe des Relations gouvernementales pour la même région.
Cette réunion de travail a permis d’évaluer les discussions engagées entre les autorités gabonaises et la plateforme, à la suite de la suspension des réseaux sociaux intervenue en février 2026, et d’examiner les modalités d’une coopération conforme au nouveau cadre réglementaire adopté par le Gabon.
À cette occasion, TikTok a présenté son bilan de modération pour le premier trimestre 2026. La plateforme indique avoir supprimé 23 504 contenus sensibles, dont 13 930 portant atteinte à la sécurité et au bien-être des mineurs et 10 784 liés à des biens, services ou activités réglementés. Les principales suppressions concernent les contenus à caractère sexualisé (17 225) ainsi que les contenus liés aux abus sexuels ou physiques visant des mineurs (12 883).
Selon les données communiquées par l’entreprise, 99,8 % des contenus en infraction sont retirés avant tout signalement des utilisateurs, 92,9 % avant même d’être visionnés, tandis que 97,2 % sont supprimés en moins de 48 heures. Au total, 4 352 comptes ont été définitivement suspendus au cours de cette période.
Tenant compte de la récente ratification de l’ordonnance encadrant les réseaux sociaux en République gabonaise, le gouvernement et TikTok ont convenu de poursuivre leur coopération pendant les douze prochains mois afin d’assurer la mise en conformité de la plateforme avec les nouvelles exigences légales nationales.
Le ministre Mark-Alexandre Doumba a enfin rappelé que la protection de la santé mentale des jeunes demeure une priorité pour les autorités gabonaises. Les échanges ont notamment porté sur le renforcement de la lutte contre la désinformation, le cyberharcèlement, les discours de haine et la diffusion de contenus préjudiciables.
Au-delà des enjeux de modération des contenus, cette coopération s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration de l’économie numérique gabonaise. En renforçant le dialogue avec les grandes plateformes internationales, le gouvernement cherche à concilier innovation, protection des citoyens et sécurité juridique. Pour les investisseurs du secteur numérique, l’existence d’un cadre réglementaire clarifié constitue un facteur de confiance susceptible de favoriser le développement des services numériques, des investissements technologiques et de l’écosystème digital national, tout en garantissant une plus grande responsabilité des acteurs opérant sur le marché gabonais.






