Après près de quatre années de relations mises en veille, le Gabon a officiellement renoué le fil avec le Fonds monétaire international (FMI), inaugurant une séquence décisive de sa stratégie économique dans un contexte de fortes tensions financières.
Dans un communiqué rendu public ce mercredi, le gouvernement annonce le déploiement d’un programme de croissance soutenu par le FMI. L’ambition est claire, sans détour : assainir les finances publiques, consolider la gouvernance économique et restaurer la crédibilité du pays auprès des investisseurs et des bailleurs internationaux, échaudés par les fragilités récentes.
Cette reprise du dialogue s’inscrit dans la continuité de l’audience accordée le 5 novembre 2025 par le président Brice Clotaire Oligui Nguema à Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI. Elle marque un tournant stratégique assumé : aligner le Gabon sur les standards internationaux de discipline budgétaire et accompagner l’État dans des réformes structurelles longtemps différées. Au cœur du chantier figurent la réduction de la dépendance aux hydrocarbures, l’élargissement de l’assiette fiscale et une gestion plus rigoureuse de la dette publique.
Le retour du FMI intervient alors que la situation financière du pays reste sous haute surveillance. En décembre dernier, Fitch Ratings a abaissé la note souveraine du Gabon à CCC- en devises et à CC en monnaie locale, pointant un risque élevé de défaut et un accès quasi verrouillé aux marchés internationaux. Face à ces alertes, les autorités gabonaises ont posé des actes symboliques mais stratégiques, notamment le remboursement de 28,3 milliards de FCFA d’arriérés dus à des créanciers multilatéraux, dont le FMI, en novembre 2025.
Au-delà de l’urgence budgétaire, ce rapprochement vise à jouer un rôle de catalyseur : sécuriser l’accès à des financements concessionnels et commerciaux, rassurer les partenaires internationaux et créer un cadre crédible pour conduire les réformes structurelles indispensables à une croissance plus résiliente.
Dans un environnement régional placé sous une vigilance multilatérale accrue, le retour du Gabon dans le giron du FMI envoie un message sans ambiguïté : celui d’un État décidé à reprendre la maîtrise de sa trajectoire macroéconomique, quitte à assumer une discipline renforcée et des arbitrages politiquement sensibles. La route est étroite, mais elle est désormais balisée.
La Rédaction







