Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu le 16 janvier 2025 les représentants des institutions financières opérant au Gabon. Objectif : engager le secteur bancaire dans la mise en œuvre du Plan FAST et poser les bases d’un partenariat financier durable au service des projets structurants de l’État.
Dans un contexte marqué par des tensions sociales persistantes et une forte attente de résultats économiques tangibles, le chef de l’État poursuit sa stratégie de mobilisation des acteurs clés de l’économie nationale. C’est dans cette dynamique qu’il a accordé une audience aux représentants du secteur bancaire, conduits par le président de l’Association des établissements de crédit opérant au Gabon (APEC).
Au cœur des échanges figurait la présentation des grandes orientations du Plan FAST : Financer les projets de l’État, Accompagner et conseiller, Soutenir les politiques publiques, Transformer l’économie. Ce programme se veut un cadre opérationnel destiné à impulser une croissance inclusive, sociale et durable, en alignant les capacités financières du pays sur ses priorités de développement.
Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé sa confiance dans le système bancaire national, appelé à jouer un rôle central dans le financement des projets structurants de l’État, notamment dans les secteurs de l’eau, des infrastructures, de la santé, du logement et de l’éducation. Des domaines identifiés comme stratégiques pour l’amélioration des conditions de vie des populations.
Un accompagnement bancaire conditionné
Par la voix de leur président, les membres de l’APEC ont exprimé leur disponibilité à accompagner l’État dans la mise en œuvre du Plan FAST. Les établissements de crédit se disent prêts à soutenir les politiques publiques, en particulier dans le logement, l’accès à l’eau et à l’électricité, ainsi que dans la diversification de l’économie.
Le financement des petites et moyennes entreprises (PME) figure également parmi les priorités du secteur bancaire, présenté comme un levier essentiel de lutte contre le chômage et de renforcement de la résilience économique face aux chocs extérieurs.
Créances, liquidité et sécurité juridique : les lignes rouges
Si l’adhésion de principe est acquise, les banques ont néanmoins soulevé plusieurs préoccupations structurelles. Elles portent notamment sur la domiciliation effective des recettes d’exportation, le recouvrement des créances en souffrance et la sécurisation des dépôts bancaires face à des saisies jugées abusives.
Autant de facteurs qui, selon les professionnels du secteur, fragilisent la liquidité bancaire dans un environnement économique déjà contraint.
Dette intérieure : l’attente d’un signal fort
En réponse à ces préoccupations, le président de la République a confirmé l’accélération du règlement de la dette intérieure à travers le mécanisme du Club de Libreville, présenté comme un outil central de restauration de la confiance entre l’État, les entreprises locales et le système bancaire.
Cet engagement est particulièrement attendu par le secteur privé, pour lequel l’apurement progressif des arriérés constitue une condition déterminante à la relance de l’investissement et à l’assainissement du climat économique.
Vers un partenariat stratégique durable
À l’issue de cette audience, l’Exécutif et les institutions financières ont réaffirmé la convergence de leurs positions et leur volonté d’instaurer un dialogue permanent. L’objectif affiché est clair : assurer la réussite du Plan FAST et inscrire durablement le financement bancaire au cœur du développement économique et social du Gabon.
Reste désormais à transformer ces engagements en décaissements effectifs et en projets visibles, dans un pays où l’attente de résultats concrets s’impose comme un impératif politique autant qu’économique.
Jean-Rovys Dabany


