Discret mais central, Hermann Immongault s’impose comme le stratège du nouveau gouvernement gabonais. Vice-Président du Gouvernement, il n’est pas celui qui fait du bruit, mais celui qui fait tourner l’État, transformant ambitions politiques et attentes citoyennes en décisions concrètes. Entre arbitrages délicats et coordination de l’action publique, son rôle sera déterminant pour mesurer la capacité de l’exécutif à tenir ses promesses.
Par Jean-Rovys Dabany
En accédant au poste de Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault devient le véritable chef d’orchestre de l’action gouvernementale. Un rôle charnière, exposé, exigeant, où l’autorité se mesure moins à la prise de parole qu’à la capacité d’arbitrage. Dans la nouvelle architecture institutionnelle du Gabon, c’est lui qui transforme la volonté politique en mécanique administrative.
Un profil forgé dans les rouages de l’État
Ancien ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault connaît l’État de l’intérieur, ses lenteurs, ses résistances, ses zones grises. Il a appris à composer avec la verticalité du pouvoir, la pression sécuritaire, et les attentes citoyennes souvent contradictoires. Ce parcours lui confère un avantage décisif : il sait où l’administration bloque, et pourquoi elle bloque.
Technicien plus que tribun, Immongault n’est pas un homme de posture. Sa force réside dans la méthode, la coordination, la discipline. Dans un contexte où le Gabon cherche à passer d’une gouvernance de transition à une gouvernance de résultats, ce profil rassure autant qu’il inquiète : rassure par sa maîtrise, inquiète par sa fermeté.
Un poste sous haute tension
Être Vice-Président du Gouvernement aujourd’hui, c’est être au centre de toutes les contradictions. Il faut impulser la réforme sans fracture sociale. Accélérer sans désorganiser. Décider sans donner le sentiment d’imposer. Chaque ministre regarde vers ce poste pour arbitrer, trancher, orienter.
Hermann Immongault hérite d’un exécutif attendu au tournant : vie chère, chômage des jeunes, efficacité des services publics, crédibilité internationale. La réussite ou l’échec de ce gouvernement se lira en grande partie dans sa capacité à faire travailler ensemble des portefeuilles souvent concurrents.
Autorité, loyauté, équilibre
Politiquement, Immongault incarne une ligne claire : loyauté au sommet, rigueur dans l’exécution, sobriété dans la communication. Peu de déclarations spectaculaires, mais une présence constante dans les décisions structurantes. C’est un homme de coulisses, mais des coulisses décisives.
Son défi majeur sera humain autant que politique : maintenir la cohésion gouvernementale dans un contexte de fortes attentes populaires et de pressions multiples. Dans un pays où l’État est souvent perçu comme distant, la coordination gouvernementale devient un enjeu démocratique à part entière.
Ce que les Gabonais attendent de lui
Les citoyens n’attendent pas de Hermann Immongault des slogans. Ils attendent des routes qui se terminent, des hôpitaux qui fonctionnent, des décisions qui s’appliquent réellement. Son nom restera associé soit à la consolidation d’un État efficace, soit à l’échec d’une promesse de renouveau.
Le temps politique lui est compté. L’histoire, elle, observe déjà.







